Poème : Odeurs d’enfance les Halles

Jusqu’à l’âge de 9 ans, j’ai habité dans le quartier des Halles, à l’époque insalubre et populaire. L’agitation et le bruit qui le caractérisaient ont marqué mon enfance et restent présents dans ma mémoire.

Odeurs d’enfance les Halles

 

Images flashs

Film entrecoupé

Enfance

 

Le quartier populaire

des Halles

Vibre

Au rythme de Paris

 

Un cœur bat

 

Dès l’aube

Sur les chemins d’école

Tourbillons

De couleurs

Fourmilière géante

 

Bruits et cris

Couleurs saveurs

Odeurs acres

 

Ellipse de la nuit

 

Dans le bistrot

Du petit jour

Cafés noirs

Et verres de blanc

 

Filtrant les volutes de fumée

Le terroir

Colle à la peau

 

Les passions

Embrasent

Les nuances des saisons

 

Théâtre improvisé

«  Voici le temps des assassins »

Gabin est le patron

Entre rêve et réalité

 

Chaque jour

Le même univers

Submerge le paysage

 

Marcher

En oubliant le chaos

 

Bitume aux détritus

Prouesse

Promesse

 

Ne pas se salir

Ne pas glisser

Sauter par-dessus

les flaques

Enjamber

les caniveaux

 

Eaux troubles

Ruissellement

Danse sauvage

Jets d’arrosage

 

Hurlements de ménagères

Argot de quatre saisons

 

Poissons sur mer de glace

Fruits légumes

Pommes pourries

Pomme d’api

 

Routine des bouchers

Quartiers de viande

Et traces sanglantes

Maculent

les tabliers blancs

 

Cageots empilés

Boites à mirages

 

Entre pelures et déchets

Jeu d’esquives

jeu de hasard

 

Les diables

En grinçant

Voltigent

Parmi badauds et passants

 

Quitter la rue Saint-Honoré

rejoindre

la rue de l’Arbre Sec

et l’école  laïque

qui partage

sa cour avec l’église

Saint-Germain l’Auxerrois

 

Arbre sec

arbre sans feuilles

arbre potence

Pour la justice

D’un autre temps

 

Prudemment

Se faufiler

 

Étreinte douce

Étreinte ferme

Chaleur du lien

 

La sève coule

Dans les arbres

Odeurs d’enfance

 

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