Poésie du confinement

Première semaine

Passagers du vent

J1

Soudain la ville

fut plongée

dans le silence

Vertige

Rues désertées

absence

Fragiles et solitaires

Nous sommes

passagers du vent

éclats de poussières

J2

Circulation raréfiée

la nature reprend ses droits

Les oiseaux

piaillent

à pleine voix

Vivre l’instant

Dans la rue

les rares passants

masqués

sortis du cocon maison

vont se ravitailler

à vive allure

J3

Ciel opaque laiteux

mirage

Un bus passe

Le soleil printanier

adoucit

les nouvelles

graves

Bergame pleure ses morts

J4

Un air de fin du monde

hôpitaux débordés

Poursuivre

un semblant de normalité

et le monologue

du quotidien

A la radio

Edgar Morin

parle de ses origines

espagnoles

J5

Au réveil

coupelle brisée

Corps cernés,

corps contraints

Et les pensées en liberté

s’envolent

s’affolent

J6

Un dimanche

comme un autre jour

repères abolis

le temps s’étire

Dans le jardin

les fruitiers en fleurs

ne se doutent de rien

Herbe tondue

les pies viennent

se nourrir des vers de terre

visiteuses improvisées

Ne plus écouter

les nouvelles

au risque

de la déraison

Rester chez soi

Tisser sa toile

J7

Soleil et ciel bleu

ouvrent l’horizon

à travers la fenêtre

Rompant le silence

toujours pesant

les sirènes des ambulances

ou de la police

au loin

L’herbe tremble

sous le vent

où sont passés

les chats du voisinage ?

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