Rivages célestes

À Sophie qui aimait tant la mer

Dans les eaux

De lumière

Et de vent

Le temps fluide

S’écoule

En floraisons d’arpèges

À l’infini

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La tempête brasse

Les couleurs du voyage

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La terre se mêle

S’enlise

Et se perd

Entre vase et glaise

Une vague de lumière

Attache les algues

Aux pontons de bois

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Au loin

Paysage désertique

Le sable recouvre

L’éphémère

Pluie sur le rivage

Eau mouvante

Nuit de vagues

Effet mer

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Camaïeu de vert

Et de gris

Couleur écume

Brise argent

Mer mourante

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Bercées par l’ombre

De nos pas

Coquillages de la pourpre

Cortèges en couteaux

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Le long d’une plage

En balade

Le vent heurte

Le flanc des dames

Nos talons claquent

Sur les planches

Comme les stars du festival

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Ton regard

Décalque la lune

Et sème des sortilèges

Un lutin dessine dans le ciel

Le cercle magique

Du temps

Mêlant

Nos solitaires destinées

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A l’horizon

Dans un miroir

Une larme

Soulève la dune

Où s’échouent

Mille brisures

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Mer bleu azur

Manteau de brume

Le ciel ouvre le crépuscule

Vagabondages

Formes insolites

Les nuages

Tracent

Des cocons de lumière

+++

Ondes solitaires

Marées éphémères

+++

Au feu des arbres secs

Une pluie d’étincelles

Tombe sur la mer

Une plage émerge

De la paroi rocheuse

Havre de paix

+++

Le soleil écarlate

Se meurt

Et le murmure des étoiles

Est le chant de l’exil

En méditerranée

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Dans le port

Les bateaux sommeillent

Voiliers suspendus

Au frémissement de la mer

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Soleils de traverses

Une ligne laiteuse

À l’horizon

S’installe

+++

L’eau recouvre l’eau

Inlassablement

+++

L’automne

Charrie

Les cascades de l’oubli

Offrant sa délivrance

Au cri des flots

Dans le paysage déchiré

Les rochers émergent

À marée basse

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La mer émeraude

Se retire

Écopant les sanglots de la grève

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Les copeaux

Sont coupés de l’ancrage

+++

Partie au loin

Dans les nuages

Tu abordes

Les rivages célestes

Mireille Podchlebnik Novembre 2018

1 commentaire sur “Rivages célestes

  1. Ben oui, tu choisis deux strophes (ou trois ou quatre) et tu les mets à la fin du livre. C’est bien mieux qu’un hommage banal.
    Bonne nuit entre la mer et Prévert

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