Sur les traces de Salomon Silberstein

L’acte de décès de Salomon Silberstein

 

Salomon, le père de Maria est longtemps resté une énigme. Inexistant, il errait tel un fantôme.

Ma première découverte le concernant remonte au 7 février 1992, jour où je trouvais son acte de décès au service état civil de la mairie du onzième arrondissement. Cette année fut aussi celle de l’arrêt de mes déplacements dans les mairies.

« le vingt six juin mil neuf cent vingt cinq, seize heures trente, est décédé rue de la Chine, 4, Salomon SILBERSTEIN , domicilié à Paris 57 rue d’Angoulème, né à Varsovie (Pologne) le quinze mai mil huit cent soixante seize, tailleur, fils de Joseph SILBERSTEIN et de Golda PLICHTER, époux décédés, **veuf de Anna SCHMEISS….. »

Très récemment seulement, à la lecture du livre de Patrick Modiano, Dora Bruder, je réalisais le lien existant entre l’adresse indiquée 4 rue de la Chine et l’hôpital Tenon.

 

Les archives de l’AP-HP

 

Je pris ainsi contact avec les archives de l’AP-HP, et obtins divers documents dont un extrait du registre des entrées précisant la cause du décès de Salomon par collapsus cardiaque. Admis à la salle Béhier, il décède le jour même de son entrée à l’âge de 49 ans. Durée du séjour : 0 jour

Son cœur blessé par trop de souffrance n’a pas résisté. Sa femme, Anna Schmeiss, dont jusqu’à présent, je ne trouve aucune trace, mourut alors que leur fille Maria était encore bien jeune, peut-être même peu après sa naissance? Il dut, j’imagine, assurer seul son éducation. Car, avait-il de la famille ce natif de Varsovie qui fut mon arrière-grand-père?

Les fils se croisent
Se mêlent
Semblables
Dissemblables
Comme les mots
Illuminés
D’un poème
Qui essaime
Sa multitude

Point à l’endroit
Mot à l’envers
Une strophe en vers
Se déverse
Floraison sauvage
Petits points cousus
Discontinus
Cheminement dans le sillage
Béatitude

 

Le fichier du cimetière du Père-Lachaise

 

Le 7 janvier 2015, jour terrifiant du massacre perpétré dans les locaux du journal Charlie Hebdo, je fus plongée dans une sorte de sidération et ressentis une douleur et une anxiété profonde.

Ce jour là, je ne sais pourquoi, peut-être dans une sorte d’instinct de survie, je me mis à la recherche de mes ancêtres. Dans l’après-midi, je téléphonais au cimetière du Père-Lachaise demandant à l’interlocuteur du poste d’accueil comment retrouver la tombe de Salomon Silberstein, mort en 1925.

A ma grande surprise, car j’avais jeté une bouteille à la mer sans songer vraiment avoir de réponse, mon correspondant, après une brève recherche et quelques clics dans une base de données, me donna de précieux éléments. Il m’indiqua que Salomon était enterré au cimetière de Pantin dans la concession 113PP1925 au nom de Philippe Tchernatinski, et que cette concession à perpétuité, pleine terre prévue pour deux, abritait aussi un dénommé Emmanuel Lazerovitch.

Retrouver la tombe de mon arrière-grand-père dans un cimetière de banlieue parisienne, me raccrocha à mes racines et me procura un soulagement qui ne fut que très provisoire. Deux jours plus tard un attentat antisémite dans l’hyper-marché cacher proche de mon lieu de travail raviva la douleur et un sentiment de rage impuissante.

Plus tard, je me rendis au cimetière de Pantin, à la recherche de la tombe de Salomon.

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